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Stéphane Koch, September 30 2026

Un écrivain aurait utilisé une IA pour écrire son livre

Du moins, c'est ce que prétend « Pangram », une IA délatrice destinée à faire ce qu'un humain n'est pas capable de faire : savoir si un autre humain a produit un texte à l'aide de l'IA. En effet, paradoxalement, ceux et celles qui s'emploient à dénoncer une potentielle utilisation d'une IA pour écrire un texte sont incapables de déterminer si ce texte aurait été écrit par une IA sans recourir à un outil d'IA. L'intelligence artificielle sème le doute, et sur ce doute l'humain condamne. Selon The Guardian, les indices identifiés par Pangram ou d'autres détecteurs comme étant spécifiques aux IA génératives sont finalement « aussi typiques des textes humains à partir desquels les LLM ont été entraînés ». D'ailleurs, en 2025, un détecteur d'IA avait estimé que le texte de la Déclaration d'indépendance américaine du 4 juillet 1776 avait été généré à 98,51 % par l'intelligence artificielle.

Ça pourrait prêter à sourire, mais de nombreux enseignants et recruteurs utilisent ces outils, dont la fiabilité est pour le moins aléatoire, pour juger le travail d'étudiants ou pour analyser et potentiellement rejeter des candidatures, sans nécessairement l'indiquer ou même le reconnaître ouvertement. Ces faux positifs peuvent entraîner une discrimination silencieuse sans possibilité de recours pour les personnes lésées. Pour un auteur, être accusé à tort d'avoir utilisé une IA peut représenter une forme de spoliation de sa paternité intellectuelle, en le dépossédant de la démarche et du capital intellectuel qu'il a investis dans ses écrits.

Utiliser ce genre d'outils de détection revient à accorder plus de confiance à l'IA qu'à l'humain que l'on soupçonne d'utiliser une IA, créant une inversion où le jugement technologique remplace le jugement humain. En résumé, on délègue à une IA l'autorité de déterminer ce qui est humain ou pas. Dès lors, laissons à Thélyson Orélien le bénéfice du doute, du moins jusqu'à ce qu'il soit prouvé de manière irréfutable qu'il s'est égaré du droit chemin. Cette affaire n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle de Jason Arday, ancien professeur de Cambridge, qui, à la suite du lynchage médiatique dont il avait fait l'objet, a mis fin à ses jours. Quels que soient les torts que l'on prête à une personne, l'emballement collectif qui précède l'établissement des faits peut avoir des conséquences irréparables.

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Stéphane Koch

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