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Aurélie Andriamialison, February 25 2026

Faut-il laisser nos enfants utiliser l'IA pour faire leurs devoirs ?

Selon le World Internet Project – Switzerland 2025, l’usage de l’IA générative est passé de 37 % en 2023 à 73 % aujourd’hui. Chez les 14–19 ans, 84 % l’utilisent, et 34 % s’en servent régulièrement pour des tâches qu’ils devraient accomplir eux-mêmes, comme la production de contenu.[1] 

Ces chiffres soulèvent des questions sur l’impact de l’IA sur les apprentissages et le développement cognitif. Le neuroscientifique Jared Cooney Horvath, auteur de The Digital Delusion, met en garde contre les effets du tout-numérique à l’école : attention fragmentée, affaiblissement de la pensée critique et baisse des performances. À l’ère de l’IA, ces constats invitent à la prudence.

Il ne s’agit pas d’interdire, mais d’accompagner vers un usage conscient. L’IA peut rédiger, analyser, calculer ou résoudre des problèmes. Mais lorsqu’elle travaille à la place de l’élève, elle court-circuite l’effort intellectuel nécessaire à l’apprentissage.

Car apprendre, ce n’est pas seulement obtenir la bonne réponse : c’est chercher, se tromper, reformuler et persévérer. C’est dans cet effort que se construisent les connexions cérébrales, que la mémorisation s’ancre et que la pensée critique se développe. Penser par soi-même est au cœur de l’éducation. Lorsque les jeunes sont acteurs de ses processus, ils renforcent leur attention et développent leur estime de soi. L’IA ne pourra jamais mémoriser à la place de l’étudiant.

Cependant, l’IA peut devenir un outil pertinent si elle intervient après un premier travail personnel : pour clarifier une notion, proposer des exemples ou améliorer une formulation. Elle soutient alors la réflexion sans la remplacer.

Ainsi, tout l’enjeu consiste à apprendre à maîtriser cet outil, à l’utiliser avec discernement et à maintenir un dialogue ouvert autour de ses usages.


[1] Generative AI is Taking Over Everyday Life in Switzerland: From Experimentation to Regular Use, Universität Zürich, 2025

Written by

Aurélie Andriamialison

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